dimanche 8 mars 2015

Portugal - Atlantique sauvage


Ayant quelques jours de libre en novembre dernier, j'ai eu envie de prendre un vol pour Lisbonne. Le Portugal n'est pas un très grand pays, mais en quelques jours seulement, un choix précis de destination s'impose. Et comme j'avais envie de grands espaces, j'avais repéré une côte sauvage à une trentaine de kilomètres de Lisbonne seulement. Destination Lisbonne donc pour un grand bol d'air marin.

De Lisbonne, sont facilement accessibles les grandes plages de sable qui longent la côte qui rejoint Estoril puis Cascais. Ce sont de belles plages mais elles sont très fréquentées. Pourtant, il suffit de remonter la côte de quelques kilomètres au niveau du Cabo da Roca pour trouver des endroits magnifiques et sauvages.

Voici donc un aperçu de quelques sites bien préservés de l'afflux des touristes dans un périmètre  restreint au départ du Cabo da Roca, la pointe la plus occidentale de l'Europe continentale. La plus belle d'entre elles est sans aucun doute la Praia da Ursa. Elle n'est pas très évidente d'accès mais le jeu en vaut la chandelle. 




Praia da Ursa






Ce rocher est magnifique, mais en continuant l'étroite plage quelques mètres plus au sud on découvre un autre superbe point de vue. Je n'ai eu que très peu de temps pour faire cette photo. La marée montait à grande vitesse, et le temps d'installer le pied photo,  le porte filtres et les filtres, j'étais déjà en grande partie trempé. Je n'ai pas pris le risque d'insister, la plage étant déjà très étroite ; ce sera donc l'unique photo qui sortira de mon appareil...



Praia da Ursa, versant sud



Quelques kilomètres au nord de la Praia da Ursa se trouve la Praia da Adraga. Encore une belle plage, qui ne pose cette fois aucun problème d'accès, un parking donnant directement sur la plage. Comme toutes les plages de la région elle est parsemée de beaux rochers.


Praia da Adraga





Après avoir passé 3 jours dans les environs de Sintra, j'avais envie de me rendre dans un coin assez prisé des photographes, le tout petit port de pêche de Carrasqueira à quelques minutes de bateau de Sétubal.

Le bateau arrive vers 17h. Le temps de faire les quelques kilomètres qui séparent l'embarcadère de Carrasqueira et de se perdre dans le dédale de petites routes, j'arrive au moment du coucher du soleil. Mais je vais vite m'apercevoir que je me retrouve au beau milieu d'une bonne dizaine de photographes tous venus pour les mêmes raisons que moi... C'est la bousculade, et pour couronner le tout, certains pêcheurs rentrent juste à ce moment précis, ce qui n'est pas pour les aider... Je n'ai aucune envie de "me battre" pour immortaliser les lieux dans ces conditions... 

C'est l'envers du décor des beaux spots facile d'accès. Je décide que je reviendrai le lendemain matin à l'aube. Avec un peu de chance, ce devrait être plus calme, et ce sera le cas en effet, je me retrouverai absolument seul.


Carrasqueira





Il reste encore une journée avant de prendre l'avion qui nous ramènera à Marseille. Nous avons été tellement séduits par les plages au large de Sintra, qu'on décide d'y revenir une dernière fois. Direction le Cabo da Roca. Jusqu'à présent, nous avons pris les sentiers pour trouver les plages sauvages sans jamais prendre le temps de nous y arrêter. Encore une fois à cause du nombre de touristes. Peu d'entre eux font l'effort de parcourir les méandres des sentiers qui donnent accès à ces plages magnifiques. 

Arrivée donc en début de soirée au Cabo da Roca. Le site est en effet très fréquenté, mais il vaut largement le détour d'autant que la lumière du soir change en permanence.

Cabo da Roca







Ces quelques jours au Portugal m'ont beaucoup plu. Nous avons fait de très belles rencontres et pu vérifier que la réputation d'extrême gentillesse des habitants de ce pays n'est pas exagérée. On y mange divinement bien également ! J'y reviendrai à coup sûr car cette courte escapade à une trentaine de kilomètres de la capitale ne nous a même pas laissé l'occasion de prendre du temps pour visiter Sintra et Lisbonne. Ce n'était pas le but de cette courte escapade, mais j'espère avoir l'occasion de revenir spécialement pour l'occasion.

Je vous laisse avec ce coucher de soleil au Cabo da Roca. Plus à l'ouest, c'est directement l'Amérique !





vendredi 22 août 2014

Du film et autres bizarreries (II) : le Direct positif à la chambre 4X5



Il y a quelques mois, j'avais publié un article sur la photo argentique. Je présentais notamment quelques appareils qui pouvaient représenter une bonne alternative à l'utilisation du tout numérique. 

Aujourd'hui, je vais parler en particulier du Direct positif et de son utilisation avec une chambre photographique 4X5. 

Pourquoi le direct positif ? 

Pour son rendu d'abord, très contrasté et très reconnaissable. Pour la rapidité avec laquelle on obtient un véritable tirage argentique. En effet, comme son nom l'indique, le Direct positif est un papier qui permet de se passer du développement d'un négatif. Une fois la photo prise, on la développe directement dans du révélateur papier. La révélation est très rapide, de l'ordre de 40 secondes à une minutes 30. Elle se fait en lumière rouge, ce qui permet d'avoir un certain contrôle sur le rendu de l'image finale, un véritable tirage argentique baryté en moins de 10 minutes de la prise de vue à la fixation.

Il faut savoir que le papier direct positif expose à 3 Iso environ. Il faut donc de la lumière si on veut éviter les temps de pose de plusieurs secondes. Le papier offre naturellement un contraste élevé que l'on reconnait facilement. Il fait apparaitre tous les détails de peaux à l'antithèse des photos actuelles de mode qui lissent à outrance les visages... C'est un papier à fort contraste qui révèle la personnalité du sujet. 

Voici quelques exemples


 


 






 



 

 Malheureusement, il devient difficile de se procurer du DP, la société HARMAN ayant cessé il y a peu la fabrication de ce film. Une nouvelle société, IMAGO, a depuis relancé la production d'un film direct positif. Je viens de m'en procurer un pack mais je n'ai testé que 2 photos. En bref, le rendu contrasté est très proche du papier HARMAN. Le papier est par contre beaucoup plus souple et donc moins épais. La main est moins agréable du coup, et le papier semble se développer sous révélateur encore plus rapidement que le papier Harman.  Au niveau exposition, on est entre 3 et 6 isos. A vous de voir en fonction du rendu souhaité... Bref, une bonne alternative, mais l'impression de qualité finale du tirage est moindre.

Gageons tout de même que ce type de papier a encore de l'avenir et que Harman relancera la production. Je l'espère en tout cas, car non seulement j'aime beaucoup son rendu, mais il permet en outre de se former au tirage argentique rapidement. Et puis, il est toujours intéressant de voir la réaction des gens que l'on vient de prendre en photo, rentrant avec vous dans la chambre noire sous lumière rouge, quand ils commencent à voir doucement les contours de leur visage apparaître.

Enfin bien sûr, ce film se scanne très bien si l'on veut agrandir la photo sans passer par l'agrandisseur.

Comme d'habitude, vos réactions sont les bienvenues !

Boris